Philosophies quotidiennes de KINI Max: C'est le dernier coup de hache qui abat l'arbre...
23 août 2011Amies Kiniennes,
Amis Kiniens,
Bonjour,
On dit quoi aujourd’hui ? Moi j’ai failli tomber de mon piédestal. Figurez-vous que suite à la dernière fois où j’ai expliqué le proverbe sur les poules que l’on ne nourrit pas le jour du marché, je me suis fait remettre à ma place par une jolie fille, Mirsabel, qui m’a simplement répliqué
- Chez nous, on dit « C’est le dernier coup de hache qui abat l’arbre »
Je suis resté bouche bée, parce qu’à première vue, il semblait y avoir une contradiction avec le proverbe sur la poule. Je n’ai rien rétorqué à la jolie poule (Mirsabel), mais aujourd’hui j’ai trouvé. Eurêka ! En fait il n’y a pas de contradiction. Le proverbe du jour signifie tout simplement que sans cesse il faut être sur ses gardes et continuer à travailler jusqu’à ce que l’objectif soit atteint. Si c’est vendre la grosse poule, il faudra la nourrir en amont, mais aussi le jour du marché. Si c’est abattre l’arbre, il faudra jusqu’au dernier coup.
A propos d’arbre abattu, la plus grande élite de mon village est tombée. Le général Essa Omana. Il était vraiment un ponte de l’armée. Général depuis une vingtaine d’années. On l’appelait le Bao (pour Baobab). Et il mettait un point d’honneur à toujours être sur le qui-vive, pour servir sans cesse son pays (et son président qui l’avait fait) sans jamais faillir.
Il se trouve que les gens sont descendus dans la rue pour dire qu’ils ont faim. Les élections approchant, le président est venu dire à la télé qu’il fallait combattre la misère et la pauvreté, avec la plus ferme des énergies. Est-ce que le général a hésité ? Non. Il a débarqué dans le quartier le plus pauvre de la capitale économique et a entrepris, avec son unité d’élite, d’exterminer les gens qui vivaient là. Entre combattre la pauvreté et combattre les pauvres vous voyez une différence ?
Le président a tellement eu chaud (il a failli perdre les élections et n’a eu que 78% des voix) avec ce scandale qu’il l’a limogé. Et comme certains de ses soldats avaient des haches, on peut littéralement dire que c’est le dernier coup de hache qui abattit le Baobab de mon village.
Comme vous voyez, la vigilance est de mise dans la poursuite de l’objectif, bien que souvent ça ne suffise pas. C’est ce que se disait mon cousin Marco Akombo Monté (MAM). Un costaud balèze qui a toujours eu une passion pour les jupons. Passion uniquement entravée par la jalousie de sa femme. Elle le surveillait comme le lait sur le feu. Il n’osait même plus attaquer une petite. Et malgré cette transformation du tigre en chaton, sa femme ne relâchait pas sa vigilance. Elle eut une idée lumineuse, le coup de hache qui exposerait l’arbre. Elle fit venir de son village, une femme qu’on y traitait de « sorcière ». Pourquoi ? Parce que tel le héros de « Lie to me », elle pouvait détecter un mensonge aussitôt qu’il était prononcé. Et comme un réflexe, aussitôt détecté, son bras s’allongeait automatiquement, et le malheureux menteur était aussitôt giflé. Ce qui fait que personne dans le village n’osait l’approcher.
C’est cette femme que l’épouse de MAM ramena à la maison. Le lendemain, le fils de la maison rentra un peu tard. Son père lui demanda d’où il sortait. Il répondait qu’il était resté à l’école pour étudier. PAF ! La sorcière venait de le gifler. Tout le monde était surpris. MAM réagit en premier.
- Dis-moi la vérité
- J’étais chez un ami, et on regardait un film
- Quoi comme film ?
- Un dessin animé
PAF ! Nouvelle gifle. Le petit se reprend
- Pardon, on regardait un porno
- Quoi ? à ton âge ? Moi je ne regardais pas ça à ton âge !
PAF, au tour de MAM de recevoir une gifle magistrale. Devant toutes ses claques, l’épouse éclate de rire, et pour se moquer, elle ajoute
- Quels menteurs, lol, c’est vraiment ton fils !
PAF, à son tourde recevoir une gifle.
Laissons-les dans leur intimité, ça peut devenir gênant. Pour conclure sur ce proverbe, il est tellement important de rester vigilant et de persévérer car parfois les arbres se relèvent même, et il faut continuer à donner des coups de hache, sous peine de perdre son objectif.
N’est ce pas j’avais courtisé une belle, Adolphine, pendant des lustres. Je suis parvenu à la séduire et nous sortîmes donc ensemble. Cela faisait à peine 3 semaines que nous étions ensemble que nous planifiâmes une sortie en boite. On devait se retrouver là-bas. A cause de la pluie de Juillet de Douala, je suis arrivé avec 10mn de retard. Si Juillet est le mois de la pluie, c’est aussi le mois des mbenguetteurs (les expatriés qui reviennent en vacances, frais comme des gardons), et Adolphine était justement en discussion avec l’un d’eux quand je suis arrivé. Je dis bonjour d’un ton arrogant, le ton du propriétaire du dossier. Le gars répond bonjour, et Adolphine termine en disant
- Ah, lui, c’est Max. C’est mon ex.
Quand j’aurais séché mes larmes, je reviendrai. Je vous le promets.
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