Le 5 Août dernier, le Conseil Constitutionnel a acté, à la suite du Conseil Electoral d’Elecam que Maurice Kamto ne serait pas candidat à l’élection présidentielle d’Octobre prochain. Lui-même n’a pas encore réagi officiellement, mais nombreux sont les militants du MRC et ses sympathisants qui l’ont fait. Ils ont fait face à une frange de la population qui semblait avoir gagné la coupe du monde. Ils ont également rencontré des âmes charitables qui venaient leur dire « ASSIAH » comme on dit chez nous.

 

 

Les Chroniques du jeudi : ASSIAH toi-même...

En tant que militant du MRC (qui s’est investi comme il a pu pour contribuer à ce que l'on souhaitait être la victoire en octobre 2025) et admirateur de M. Kamto, je fais partie de ces gens qui reçoivent ces ASSIAH. Ma première réaction est de dire « C’EST GENTIL », mais ma vraie réaction est de dire « ASSIAH TOI-MÊME ».  Je le dis à ceux qui me disent ASSIAH, et je le dis également à ceux qui se réjouissent de l’élimination de mon candidat.

Mais ! Comment !? ce n’est pas logique, me dira-t-on. On me demandera ce que j’ai à répondre aux trois objections suivantes.

  1. Ce qui s’est passé le 05 à dû te faire un choc 

Certes. Et quel était le vrai choc ? Etait ce le résultat ou était ce autre chose ? Le résultat n’était-il pas recherché par ceux qui nous dirigent depuis plusieurs années ? N’a-t-on pas vu des ministres parler à longueur de journée de la candidature impossible de Kamto ? D’abord le mandat impératif, ensuite le report non justifié des élections locales, ensuite la promesse de disqualification pour signature au commissariat ou encore de non-démission non réclamée par la loi. Ils ont trouvé la pluralité d’investiture. En faisant du faux au vu et au su de tout le monde. Sans honte. Le choc n’est pas le résultat. C’était une possibilité. Le choc est la perte totale de crédibilité qui entache désormais nos « institutions ». Celles-là même qu’ils prétendent défendre en opprimant le peuple.

Je dis Assiah à chaque Camerounaise, à chaque Camerounais, et même à ceux qui ne le sont plus, de voir le niveau, l’absence totale d’éthique de ceux qui nous dirigent. Même à ceux qui mettent en premier lieu leur tribalisme, leur haine avant l’observation de leur pays.  Je leur dis Assiah pour l’image que ça donne de leur pays, notre pays. Je leur dis Assiah pour la trajectoire que ces gens donnent à notre pays.

  1. Maurice Kamto ne sera pas président en octobre. Et tu voulais qu'il le soit 

Certes. Et là encore il faut se poser la vraie question. Pourquoi était ce que je voulais ?

  • est ce que je voulais que Kamto soit président pour mon intérêt personnel ? Bien sûr que non. Je ne le connais pas personnellement. Il ne me connait pas. Je ne suis dans aucun secteur spécifique qui pourrait être spécifiquement impacté par son action.
  • Est-ce que je voulais que Kamto soit président parce qu’il est super beau et que je l’aime beaucoup ou qu’il va transformer le Cameroun d’un coup de baguette magique ? ce serait stupide de raisonner ainsi. Ou du moins vain, si on invoque l’Ecclésiaste. Tout homme peut disparaître du jour au lendemain Certains peuvent changer avec le pouvoir (le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument). Bref, Il a lui-même dit qu’il n’est pas né avec Président sur son front, et qu’il faut se méfier des hommes providentiels.

Quoi alors ? Pourquoi voulais je qu’il soit président ? Parce que notre pays va mal. Parce que le PIB/habitant du Cameroun est aujourd’hui la moitié de la Côte d’Ivoire alors qu’ils étaient identiques il y a 15 ans. Parce que 4000 femmes meurent en couche chaque année. Parce que 12000 Camerounais sont partis du Cameroun pour le Canada en 2023. Parce que le contingent d’étudiants qui viennent alimenter le chômage est sans cesse croissant. Les « parce que » sont infinis. Et si Kamto n'allait pas faire de magie, il avait posé les bons constats, il proposait des solutions pragmatiques, et il était en capacité de travailler pour améliorer la situation du Cameroun. Lui éliminé, quid du Cameroun.? Je pose la question à ma sœur qui me dit ASSIAH. Je pose la question au gars dans le groupe whatsapp de foot qui étale sa haine anti Kamto (anti Bamiléké ?). Penses-tu que le Cameroun qui va mal m’impacte plus que toi ? Plus que les millions de Camerounais qui souffrent ?

En quoi cette élimination inique de M. Kamto va améliorer un seul des problèmes de notre pays ? Un seul ? Quand tu vois ce qu’ils ont fait, tu ne vois pas qu’ils n’auront pas de limite ? Tu crois que le Cameroun va aller comment ? Si ça ne te fait pas mal, pourquoi parle t’on ensemble ? Si ça te fait mal, je te dis ASSIAH. ASSIAH toi-même.

  1. Tu as quand même passé des heures et des heures à travailler pour cet objectif

Comme tant d’autres certes. Beaucoup d’autres. Le MRC est un parti où les gens sont sincèrement et purement amoureux du Cameroun. Et ils donnent sans compter pour ce qu’ils considèrent être un idéal pour leur pays. Ils donnent leur argent. Beaucoup. Ils donnent de leur temps. Beaucoup. Ils donnent leur sueur et leur intelligence. Et ils donnent leur liberté. Rappelons tous ceux qui sont incarcérés. Pour un idéal.

J’y ai pris ma part. Chaque minute était exaltante. Travailler sur des sujets que l’on considère comme importants, pouvant avoir un impact sur 1 personne, 10 personnes, 100 personnes, sur notre pays, ça n’a pas de prix (Mastercard).

Ce sont des minutes que je ne renierais pour rien au monde. C’est une chance de les avoir vécues. C’est donc à toi que je dis ASSIAH. Je te dis ASSIAH si de temps en temps, tu n’es pas en train d’agir pour une cause que tu considères comme plus grande que toi. Et y’a-t-il une cause plus grande que notre pays ?

Et ces minutes, ces heures, on continuera de les vivre. L’objectif n’est pas atteint. Le Cameroun se porte toujours mal. Et avec les évènements des deux dernières semaines, il semble que son déclin s’accélère encore.

L’objectif n’est pas atteint. Quand une porte se ferme, on cherche d’autres portes. Et il y en a plusieurs possibles (alliances, focus sur les élections locales, préparation des élections présidentielles à venir après que la nature ait fait son œuvre, etc). On essaiera de les ouvrir. Sans stress, mais avec détermination. Pour notre pays.

 

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