« A Rome, fais comme les Romains ». De là à dire « Chez César, fais comme César ». Ce raccourci est bien trop souvent fait par les courtisans soucieux de plaire au monarque. « Tout ce que Dieu fait est bon ». Nous ne sommes pas tous Dieu, et bien des fois nous sommes sans sens. Nous l’allons montrer en suivant…

Un monarque, pas vraiment bon, ni compétent, avait une tare. Celle-là visible. Il boitait. Tout le monde savait que son infirmité l’énervait. A défaut d’être roi, le borgne se sent moins borgne entouré de semblables. C’est donc logiquement que tous les courtisans se mirent à boiter. Dans un premier temps. Puis, prudemment, ils se firent vraiment mal afin de boiter sincèrement. Quelques impudents, la tête ailleurs, étaient naturellement revenus à leur démarche naturelle en présence du monarque. Il l’avait très mal pris.

Un jour, dans cette cour où tout le monde boitait, déboula un sémillant jeune homme qui, à bien l’observer, marchait d’un pas égal sur ses deux jambes. Brouhaha dans la foule. Stupeur chez les plus proches conseillers. Monarque estomaqué. « Qu’est-ce donc ? » « Que signifie-ce ? » « On est où là ? » « la corde ou le peloton d’exécution ? ». Tout le monde s’interrogeait. Le monarque, encore appelé « chef d’Etat » dans les « démocraties en devenir » fit venir le cuistre.

  • Qu’est ce qui ne va pas chez toi
  • Votre Haute Excellence, rien ne va chez moi. Il y a 5 ans, je me suis fracturé le pied gauche. Et l’an dernier, la jambe droite. Résultat : aujourd’hui je boite des deux pieds !

 

Socrate disait que bien plus que le physique, vaut l’âme. Les courtisans de notre fable abimèrent leur physique. Les courtisans de notre monde abîment leur âme, sombrant dans la corruption, le népotisme, la flagornerie, même s’il faut se dédire quand le monarque change d’avis.

Quid de la défense de la veuve et des orphelins ? Aka ! Celles des petits de Bali expropriés et frappés par l’injustice ? Peu leur chaut, ils sont trop occupés à boiter. Quand viendra un nouveau monarque qui ne boitera pas, gageons qu’il leur soit difficile de cesser leur claudication, à ces vilains petits canards…

 

Moralité : La plante qui rampe s’accroche à tout ce qu’elle trouve. Tel est le courtisan…

 

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